Il est l’heure des rêveurs _ Wilfrid Almendra, Driss Aroussi, Emmanuelle Bentz, Denis Brun, Ugo Cerina, John Deneuve, Nicolas  Desplats, Elsa Dessarps, Amandine Guruceaga, Piotr Klemensiewicz et Carole Campbell, Sandra Lorenzi,  Benjamin Marianne, Elodie Moirenc, Luce Moreau, Pascal Navarro, Gilles Oleksiuk, Emmanuel Régent,  Ludovic Sauvage, Ernesto Sartori, Wendy Vachal et Giuliana Zefferi.

Festival des Arts Ephémères – Parc de Maison Blanche, Marseille, France

Co-commissariat : Erika Negrel et Lydie Marchi

Etudiants de l’ESADMM exposés : Micol Grazioli, Mahatsanga Le Dantec, Manu, Li Wanzxu

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Pascal Navarro, Je sais qui j’étais quand je me suis levé ce matin, 2014

Au seuil du Parc de Maison Blanche, amnésie urbaine, Marseille, son tumulte, son énergie dévorante, tout s’efface. Vous êtes invités à déambuler dans un espace paysager vaste, un environnement apaisant, un refuge mental et physique. Ici, un étang bordé d’essences centenaires, là la Bastide Blanche, plus loin ce bosquet secret. Une attraction étrange émane de cet espace… vous vous perdez, vous avez déjà oublié comment et pourquoi vous vous trouvez là…

Tout comme dans « Alice » de Lewis Caroll, cela commence par un songe :  » oh ! regardez un lapin blanc aux yeux roses vient de passer devant vous. Vous l’avez vu ? « ;  » Oh ! ce jeux de cartes ; Oh ! cette étrange cabane !… »

Vous ne vous souciez plus du lieu, ni de l’heure. Vous rêvez maintenant éveillé à un nouvel espace traversé par sa propre histoire, d’apparitions entre réel, imaginaire et illusion. Construite comme un parcours singulier où le temps n’exerce plus aucune pression, l’exposition de cette nouvelle édition du festival des arts éphémères propose une mise en relation des œuvres aux différents espaces et vous invite à quitter, un moment, la réalité quotidienne et urbaine pour prendre part à l’invention d’un nouvel espace imaginaire qui ne se trouve en aucun autre endroit et déjoue toutes les apparences. Nouvelles règles du jeu et métamorphoses du parc par la présence des œuvres, tous objets d’une invention. Une heure Carrollienne. Amis rêveurs, préparez-vous !

Laissez libre cours à votre imagination. Il s’agit, là et maintenant, d’investir un espace fictif où les principes narratifs ne sont pas figés. Au contraire, nous souhaitons vous proposer un monde fait de tous les possibles, de la volonté de s’attacher à une lecture fantasmagorique, voire fantastique et utopique du parc : « Anywhere out of the world », disait Baudelaire…

En nous appuyant sur une logique d’écriture de L.Caroll et notamment sur « Fantasmagories et autres poèmes », « Alice au Pays des Merveilles », ou encore « De l’autre côté du miroir et ce qu’Alice y trouva », nous avons souhaité inviter des artistes à proposer un autre point de vue du Parc de Maison Blanche, à entretenir avec la réalité une relation excluant tout jugement, libre et perméable à la surprise.

« Avec des yeux et un esprit disposé à l’enchantement, elle découvre l’étrange et ses raisons. » (« Alice au pays des merveilles », Lewis Carroll)

Certaines œuvres, comme celles de Pascal Navarro, de Driss Aroussi ou d’Elodie Moirenc s’attachent à des principes d’apparition et de révélation faisant référence aux principes de jeu et d’invention dont nous sommes les témoins privilégiés et parfois les acteurs.

La fantasmagorie et le mystère entourent les œuvres de Ludovic Sauvage, lequel ouvre une porte sur un ailleurs dans la Bastide ; de Sandra Lorenzi qui exploite avec une cabane, L’Edifice Persistant la notion de transformation ou d’élasticité du temps ; ou encore celle de Benjamin Marianne, une grotte ou catacombe féérique.

Repousser les limites d’une pratique, passer de l’intérieur vers l’extérieur, jouer avec les paradoxes et aborder la représentation inattendues d’œuvres picturale ou photographique dans des espaces extérieurs.  C’est ainsi que

Luce Moreau installe un paysage nocturne dans le parc verdoyant transposant ainsi ce poème écrit par Lewis Caroll dans “De l’autre côté du miroir” : “ La lune luisait, l’air maussade,

Et trouvant que ça n’était pas

Au soleil de se trouver là

Quand la journée était finie : c’est de sa part, disait-elle, for impoli,

De, parmi nous, venir jouer les trouble-fêtes !”

Et que Nicolas Desplats expose un paysage analogue et à dimensions variables, un objet perdu ou oublié au pied d’un arbre.

Les œuvres de Denis Brun, de Gilles Oleksiuk, de John Deneuve, d’Emmanuel Régent, de Wendy Vachal ou d’Elsa Dessarps invitent, quant à elles, au voyage d’autres mondes, ceux qui émergent par bandes parallèles et font apparaître ici et là un bestiaire étrange ; nono, le personnage d’un futur anticipé ; une nouvelle étoile comme un nouveau signe ; une nouvelle version du costume d’Alice ; ou encore les vestiges tombés du ciel d’un autre monde.

Emmanuelle Bentz invente un parcours de santé empruntant à l’absurde où le visiteur devient performeur. Elle lui propose de sortir de son éventuelle routine sportive non sans humour en plaçant en abîme cette dernière. La jolie poupée invitant à l’exercice sportif révèle le fonds de sa pensée : elle est “mollasse”, “stupide” ou victime de “flatulences”.

Enfin, Giuliana Zefferi, Ernesto Sartori, Wilfrid Almendra, Amandine Guruceaga et Ugo Cerina emporteront le visiteur dans une errance contemplative face à l’apparition, au détour d’un sentier ou au cœur de la prairie, d’œuvres à la fois poétiques et utopiques.

Loin des bruits de la ville, à l’abri dans ce parc ensoleillé et dont chaque essence semble être gorgée d’une énergie immuable, le travail de chacun des artistes se déploie et trouve sa place pour emmener le visiteur au pays des rêves où Alice semble raconter “d’étranges histoires, y compris, peut-être, ce vieux rêve du Pays des Merveilles.”

Erika Negrel & Lydie Marchi – Avril 2014

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